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Comment l'Etat ouvrier soviétique a été étranglé (Part 1)

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Le stalinisme: fossoyeur de la révolution
Comment l'Etat ouvrier soviétique a été étranglé
Révolution socialiste pour balayer la contre-révolution d'Eltsine!
L'article ci-dessous est traduit de Workers Vanguard, journal de la Spartacist League, section américaine de la LCI (n° 564, 27 novembre 1992).
Reproduit du Bolchévik n° 122, janvier-février 1993
Le 7 novembre dernier a marqué le 75e anniversaire de la Révolution bolchévique. Mais l'Etat ouvrier érigé par le pouvoir bolchévique, de loin la plus grande conquête du prolétariat international et un gigantesque bond en avant pour l'humanité, n'a pas survécu à sa 75e année. La période de contre-révolution ouverte inaugurée par le contre-coup d'Etat procapitaliste de Boris Eltsine en août 1991 a, en l'absence de résistance ouvrière de masse, abouti à la création d'un Etat bourgeois, cependant fragile et réversible. La tâche à laquelle est aujourd'hui confronté le prolétariat soviétique est la révolution socialiste, pour restaurer le pouvoir prolétarien et reforger l'Union soviétique sur les fondations de l'internationalisme bolchévique de Lénine et de Trotsky.
L'ascendance qu'ont pris Eltsine et les forces capitalistes-restaurationnistes qui le soutiennent a été un événement-pivot pour déterminer le sort de l'Union soviétique, mais pas décisif. Dans notre article d'août 1991, «Ouvriers soviétiques repoussez la contre-révolution de Bush-Eltsine!», qui a été immédiatement traduit en russe et distribué à plus de 100 000 exemplaires dans toute l'Union soviétique, nous écrivions que des mobilisations ouvrières auraient dû balayer la racaille contre-révolutionnaire sur les barricades d'Eltsine et ouvrir ainsi la voie à la révolution politique prolétarienne.
Suite à la victoire d'Eltsine, «le premier Etat ouvrier de l'Histoire, miné et fragilisé par des décennies de règne désastreux de la bureaucratie stalinienne, se désagrège. Le pouvoir d'Etat s'est fracturé, le Parti communiste, qui en constituait le noyau dur bureaucratique, éclate en morceaux et est interdit dans le KGB et les forces armées; l'union multinationale se disloque, république après république proclamant sa sécession. Mais si Eltsine et Cie ont maintenant le champ libre pour une réintroduction à coups de trique du capitalisme, l'issue finale n'est pas encore acquise [...]. L'opposition venue des usines aux ravages de l'offensive capitaliste peut enrayer le processus, et empêcher la consolidation rapide de la contre-révolution» (le Bolchévik n° 113, septembre 1991).
Entre-temps, il n'y a pas eu d'action décisive pour arrêter cette consolidation. Atomisée politiquement par 70 ans d'usurpation stalinienne de la vie politique, paralysée par les «syndicats libres» pro-Eltsine soutenus par la CIA et par le poison chauvin virulent des nombreux débris du stalinisme, la classe ouvrière soviétique multinationale a été submergée par la marée contre-révolutionnaire. Le régime d'Eltsine a poussé son avantage pour démanteler tout vestige de l'Etat ouvrier dégénéré soviétique et pour avancer à marche forcée dans la voie de la consolidation progressive de la contre-révolution. La quantité s'est maintenant transformée en qualité.
Mais la situation ne peut pas se maintenir longtemps telle qu'elle est. Pour qu'Eltsine et les autres restaurationnistes assoient un régime capitaliste solide, il faudra probablement que tôt ou tard (et plutôt tôt que tard) vienne le moment de payer la note dans le sang, et ce moment signalera aux masses qu'un nouvel ordre existe. Avec des explosions de luttes d'ouvriers acculés au désespoir, ou même sans elles, les forces bourgeoises naissantes entreprendront d'imposer un ordre répressif au moyen d'un «Etat fort». La récente et brutale répression de la grève des aiguilleurs du ciel, avec l'utilisation de la police russe anti-émeutes, les OMON, présage de la détermination des aspirants exploiteurs à réprimer toute résistance ouvrière. Dans les grandes villes russes la montée de l'hystérie raciste contre les populations venues d'Asie centrale et du Caucase crée un climat propice aux pogromes. Avec les conflits ethniques qui couvent sur une dizaine de fronts à la périphérie de la République de Russie depuis les Pays baltes jusqu'à la guerre civile nationaliste qui fait rage entre Arméniens et Azéris dans le Caucase en passant par l'Abkhasie en Géorgie et la Transdnitrie en Moldavie, la possibilité d'un bain de sang fratricide à la yougoslave n'est que trop réelle.
L'Etat ouvrier soviétique --qui en son temps a été un phare pour les exploités et les opprimés du monde entier, qui a détruit la machine d'holocauste de Hitler, qui pendant des décennies a empêché l'impérialisme US de tourner son arsenal nucléaire contre les peuples semi-coloniaux du monde-- est mort. Mais pas la lutte des classes. Les Etats bourgeois naissants de Russie, d'Ukraine et d'ailleurs sont fragiles, isolés et divisés intérieurement. Ils ne reposent pas sur les bases solides d'une classe capitaliste unifiée. Les nouveaux entrepreneurs ne sont guère plus que des petits spéculateurs et des gangs maffieux, alors que des secteurs de l'ancienne hiérarchie industrielle des directeurs d'usine sont en train de faire sentir leur poids. Les forces armées sont amères et démoralisées.
La seule chose certaine aujourd'hui dans l'ex-URSS c'est l'incertitude et l'instabilité grandissantes. A la veille de la session du 1er décembre du congrès des députés du peuple, Moscou bruisse de rumeurs de coups d'Etat, de contre-coups d'Etat et de «coups d'Etat larvés». En même temps, Eltsine est engagé dans des négociations mouvementées avec Arkady Volsky, chef du puissant parti des industrialistes qui s'est ligué avec Alexandre Routskoï, le vice-président militariste de Russie. Le caractère volatil de la situation actuelle est illustré par la récente victoire électorale, en Lituanie, des ex-staliniens du Parti démocratique du travail, qui a évincé du pouvoir le mouvement nationaliste de droite Sajudis. Il n'a pas fallu longtemps pour que les réalités de la paupérisation capitaliste dissipent l'euphorie nationaliste qui avait intoxiqué le peuple lituanien. Cependant, le nouveau dirigeant lituanien Brazauskas aurait la même politique économique que Volsky-Routskoï.
Pendant ce temps, la classe ouvrière de l'ex-URSS subit des attaques répétées. La société se désintègre, le chômage de masse menace. La production industrielle a chuté de 18% depuis le début de 1992 tandis que les investissements ont reculé de 50%. Pour empêcher un effondrement total, le gouvernement injecte des crédits dans l'industrie: le déficit budgétaire de l'Etat se monte à mille milliards de roubles, et les dettes des entreprises industrielles à plus de deux mille milliards. Le résultat est l'hyperinflation, à un taux annuel que les estimations situent entre 14 000% (Moscow Times) et 20 000% ( Commersant). Rien qu'au mois d'octobre, le rouble a perdu la moitié de sa valeur. Depuis janvier, le prix du pain a été multiplié par cent. Alors que l'économie se décompose, la plus grande partie de la population est au bord de la famine pure et simple. Une simple étincelle pourrait faire sauter le baril de poudre sur lequel Eltsine et ses acolytes sont assis.
Nous, trotskystes de la Ligue communiste internationale, qui avons combattu bec et ongles la contre-révolution montante, disons: le stalinisme est mort, mais le communisme vit, dans la lutte de classe du prolétariat mondial et dans le programme de l'avant-garde révolutionnaire. Le programme internationaliste par lequel l'Union soviétique a été créée, a été préservé et développé sous le drapeau de la Quatrième Internationale. Ce sont les trotskystes, et eux seuls, qui ont averti que le carcan prolongé de l'Etat ouvrier soviétique par la bureaucratie stalinienne mènerait à la destruction d'Octobre, qui ont combattu pour la défense militaire inconditionnelle de l'Union soviétique contre l'impérialisme et la contre-révolution, qui ont appelé le prolétariat soviétique à balayer l'excroissance stalinienne par la révolution politique quand il en était encore temps.
La «question russe» a été la pierre de touche pour les révolutionnaires, et la question politique déterminante du XXe siècle. La discussion qui a eu lieu avant et pendant la IIe conférence de la Ligue communiste internationale (quatrième-internationaliste), cet automne, s'est focalisée sur un bilan des développements dans l'ex-Union soviétique depuis août 1991. Le document principal de la conférence a décrit la consolidation, morceau par morceau, d'un Etat capitaliste: «Les événements récents continuent à aller dans une direction d'extrême gravité. La presse est pleine d'anecdotes sur l'"accumulation primitive capitaliste", c'est-à-dire le vol: gestionnaires et anciens bureaucrates se précipitent pour mettre la main sur la propriété socialisée, en utilisant toutes sortes de pratiques douteuses --encouragés, incités et conseillés par l'impérialisme international. La récente grève des aiguilleurs du ciel dans la Fédération de Russie a été brisée de façon décisive par le gouvernement Eltsine, qui a eu recours aux OMON et à des éléments du MVD et du KGB. Un étudiant africain à l'université Patrice Lumumba a été abattu par des OMON, en plein milieu d'une hystérique campagne de presse raciste. Des dizaines de tonnes d'ouvrages de Marx, d'Engels et de Lénine sont détruits dans une pure frénésie idéologique anticommuniste» («Pour le communisme de Lénine et Trotsky»).
La conférence a dressé un bilan de ces événements et a adopté unanimement un document du 26 septembre 1992 qui déclarait: «Les événements d'août 1991 ("coup d'Etat" et "contre-coup d'Etat") semblent avoir joué un rôle décisif quant à l'évolution en Union soviétique, mais seuls des gens sous l'emprise de l'idéologie capitaliste et de ses prébendes pouvaient s'empresser de tirer cette conclusion à cette époque.» La conférence décidait «de noter et de tirer les conclusions de la position que l'Etat ouvrier dégénéré de Staline et de ses héritiers a été détruit».
Dans le programme de fondation de la Quatrième Internationale, écrit à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, Léon Trotsky écrivait: «La crise historique de l'humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire.» Cette crise de la direction prolétarienne n'est pas moins aiguë aujourd'hui. Au prolétariat multinational de l'ex-URSS attaqué de toutes parts et aux éléments prosocialistes de l'armée et de l'intelligentsia, nous disons: La tâche clé à laquelle vous êtes confrontés est de former un parti d'avant-garde léniniste-trotskyste, forgé dans la lutte autour du programme internationaliste qui a mené vos aïeux à la victoire en 1917.
Pourquoi les ouvriers ne se sont-ils pas soulevés?
La classe ouvrière de l'ex-URSS et le prolétariat mondial dans son ensemble doivent assimiler les leçons de cette défaite amère. Depuis 1917, la social-démocratie a servi ses maîtres bourgeois en aidant et en favorisant directement le revanchisme impérialiste, en cherchant à détruire les conquêtes d'Octobre. Depuis son arrivée au pouvoir sur le dos de la classe ouvrière soviétique, par une contre-révolution politique en 1923-24, la bureaucratie stalinienne a imposé un isolement étouffant au premier Etat ouvrier, sabotant l'une après l'autre toutes les occasions révolutionnaires internationales. Au nom de la construction du «socialisme dans un seul pays», les staliniens ont --par la terreur et le mensonge-- méthodiquement attaqué et érodé tous les aspects de la conscience révolutionnaire et internationaliste qui avait fait de la classe ouvrière soviétique le détachement d'avant-garde du prolétariat mondial.
L'Etat ouvrier isolé a été soumis aux pressions incessantes de l'impérialisme, non seulement l'encerclement militaire et la course aux armements visant à provoquer la banqueroute de l'économie soviétique, mais aussi la pression du marché mondial impérialiste. Comme Trotsky l'écrivait dans l'Internationale communiste après Lénine, «l'économie soviétique est sous la menace bien davantage d'une intervention de marchandises capitalistes à bon marché que d'une intervention militaire». Bien que pendant sa période de croissance extensive l'économie planifiée ait prouvé sa supériorité sur l'anarchie capitaliste, quand le besoin de qualité et de développement intensif s'est affirmé, le carcan bureaucratique a de plus en plus sapé l'économie. Finalement, avec ses «réformes de marché» de la perestroïka et son accord donné à la restauration capitaliste dans toute l'Europe de l'Est, Gorbatchev a ouvert grandes les vannes pour un assaut contre-révolutionnaire direct lancé par Eltsine et Cie.
La bourgeoisie comme les staliniens ont longtemps cherché à tirer un trait d'égalité entre l'Octobre de Lénine et le régime bureaucratique conservateur de Staline. Mais le stalinisme nationaliste est l'antithèse de l'internationalisme léniniste. L'Etat ouvrier dégénéré soviétique (et les Etats ouvriers déformés qui ont surgi plus tard sur le modèle stalinien) était une anomalie historique, résultant de l'isolement de la Russie économiquement arriérée et du fait que la révolution prolétarienne n'a pas réussi à s'étendre aux pays impérialistes avancés. Le stalinisme représentait un obstacle au progrès vers le socialisme. Comme l'écrivait en novembre 1937 Trotsky dans «Un Etat non ouvrier et non bourgeois?»: «ce qui n'était qu'une déformation bureaucratique se prépare aujourd'hui à dévorer l'Etat ouvrier sans en laisser une miette et à dégager sur les ruines de la propriété nationalisée une nouvelle classe dirigeante. Une telle possibilité s'est considérablement rapprochée [...].»
Bien que le régime stalinien ait pu prolonger son existence à la suite de la victoire héroïque que les masses soviétiques ont remportée sur les envahisseurs nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale, l'analyse marxiste de Trotsky a finalement, malheureusement, été confirmée par la négative.
Pourquoi la classe ouvrière soviétique ne s'est-elle pas rassemblée pour défendre ses acquis? Comment la contre-révolution a-t-elle triomphé et détruit l'Etat ouvrier sans guerre civile? Dans son ouvrage fondamental de 1933, Trotsky polémiquait contre les sociaux-démocrates et les tenants de différentes théories d'une «nouvelle classe», qui prétendaient que sous le régime de Staline l'Union soviétique s'était imperceptiblement transformée d'Etat ouvrier en Etat bourgeois sans transformation qualitative de l'appareil d'Etat ou des formes de propriété: «La thèse marxiste du caractère catastrophique qu'a le passage du pouvoir des mains d'une classe aux mains d'une autre ne se rapporte pas seulement aux périodes révolutionnaires, quand l'histoire se précipite furieusement en avant, mais aussi aux périodes de contre-révolution, quand la société recule. Qui affirme que l'Etat soviétique s'est transformé graduellement d'Etat prolétarien en Etat bourgeois ne fait que dérouler en sens inverse le film du réformisme» («La quatrième internationale et l'URSS --La nature de classe de l'Etat soviétique», octobre 1933).
Il n'y a certainement rien eu de graduel ou d'imperceptible dans la contre-révolution sociale dans l'ex-URSS, qui a été extrêmement violente et convulsive dans tout l'ex-bloc soviétique. Cependant, Trotsky avait aussi formulé le pronostic qu'une guerre civile serait nécessaire pour restaurer le capitalisme en Union soviétique, et pour défaire la profonde révolution prolétarienne.
Lors d'une large discussion dans la LCI, il y a deux ans, sur les bouleversements contre-révolutionnaires en RDA et en Europe de l'Est, il a été noté que Trotsky avait poussé trop loin l'analogie entre une révolution sociale dans une société capitaliste et une contre-révolution sociale dans un Etat ouvrier déformé (cf. Joseph Seymour, «Sur l'effondrement des régimes staliniens en Europe de l'Est», et Albert St. John, «Pour la clarté marxiste et pour aller de l'avant», Spartacist édition française n° 26, printemps 1991). Alors que les capitalistes ont la possession directe des moyens de production et sont donc contraints de résister violemment au renversement de leur système pour défendre leur propre propriété, la préservation du pouvoir prolétarien dépend principalement de la conscience et de l'organisation de la classe ouvrière.
Trotsky lui-même soulignait ce point dans son article de 1928 «Et maintenant?»: «Le caractère socialiste de notre industrie d'Etat [...] est déterminé de façon décisive par le rôle du parti, les liens volontaires formés à l'intérieur de l'avant-garde prolétarienne, la discipline consciente des économistes, des militants syndicaux et des membres des cellules d'usine» (l'Internationale communiste après Lénine).
Plus tard, dans l'«Etat ouvrier, Thermidor et bonapartisme» (février 1935), il écrivait: «A la différence du capitalisme, le socialisme ne s'édifie pas automatiquement, mais consciemment.»
Quand Trotsky écrivait ces articles, la mémoire de la révolution d'Octobre faisait encore partie de l'expérience personnelle directe de l'immense majorité du prolétariat soviétique, quoique déjà considérablement faussée par la falsification et la révision staliniennes. Au cours des décennies qui suivirent, la bureaucratie nationaliste a beaucoup fait pour extirper toute compréhension réelle de ce qui fut transformé en icône sous le vocable de «Grande Révolution Socialiste d'Octobre». Dans la conscience des masses soviétiques, inondée de la propagande nationaliste russe que Staline a fait couler à flots pendant la guerre, la Deuxième Guerre mondiale, baptisée «Grande Guerre Patriotique» par les staliniens, en est venue à supplanter la révolution d'Octobre comme l'événement central de l'histoire soviétique. Finalement, Staline et ses héritiers ont réussi à imprimer leur vision nationaliste sur les peuples soviétiques; l'internationalisme prolétarien a fini par devenir un objet de dérision, une obscure «hérésie trotskyste.», l'«exportation de la révolution» ou, au mieux, a été vidé de son contenu tandis qu'on s'en réclamait cyniquement.
Avec la «nouvelle pensée» de Gorbatchev --c'est-à-dire sa capitulation servile devant chaque ultimatum impérialiste-- même les hommages hypocrites aux idéaux de la Révolution bolchévique ont été jetés aux orties. Les soldats soviétiques à qui l'on avait dit, et qui l'avaient cru, qu'ils remplissaient leur «devoir internationaliste» en se battant contre les moudjahidins afghans réactionnaires à la frontière de l'URSS, ont alors été roulés dans la boue pour avoir soi-disant perpétré un «Vietnam russe» en Afghanistan. Le retrait ignominieux de Gorbatchev d'Afghanistan, puis son feu vert à l'annexion impérialiste de la RDA, n'ont fait qu'accroître un sentiment de défaitisme et de démoralisation parmi les masses soviétiques. Pendant ce temps, les «patriotes» staliniens ne dénonçaient les concessions de Gorbatchev que pour battre le tambour des ambitions impériales grand-russes et se tourner explicitement vers le passé tsariste.
Même ainsi, les grèves spontanées qui ont éclaté dans les mines de charbon soviétiques pendant l'été 1989, contre les ravages du «socialisme de marché» de Gorbatchev, ont montré de manière spectaculaire le potentiel pour des luttes ouvrières combatives. Comme le documente le social-démocrate russe Boris Kagarlitsky dans son livre Adieu perestroïka (1990), les comités de grève dans beaucoup d'endroits sont devenus «le centre réel du pouvoir populaire», organisant la distribution des produits alimentaires, maintenant l'ordre, etc. Comme nous l'avions souligné à l'époque, les grèves du Kouzbass «ont rapidement fait surgir des formes organisationnelles de pouvoir prolétarien, notamment des comités de grève et des milices ouvrières» («Les ouvriers soviétiques se dressent face à Gorbatchev», supplément au Bolchévik n° 94, août 1989).
Ces développements ont montré la possibilité d'authentiques soviets qui --en entraînant des travailleurs des fermes collectives, des femmes, des retraités, des soldats et des officiers-- auraient pu servir de base à un nouveau pouvoir prolétarien, chassant la bureaucratie par une révolution politique. Mais lorsque Gorbatchev a renié les promesses faites aux mineurs, des agitateurs pro-impérialistes entraînés par «l'AFL-CIA» ont rempli le vide de direction et mis en place le Syndicat indépendant des mineurs, organisant une minorité activiste de mineurs comme bélier pour Eltsine.
Cependant, une majorité des mineurs ainsi que le reste de la classe ouvrière soviétique sont restés passifs dans la lutte à trois entre les «démocrates» dirigés par Eltsine, Gorbatchev et l'aile la plus conservatrice des staliniens. La masse des ouvriers étaient circonspects, si ce n'est ouvertement hostiles aux avocats pro-occidentaux d'une «économie de marché». Contrairement à ce qui s'est passé en Pologne lors de la montée de Solidarnosc, les forces de la contre-révolution capitaliste n'ont pas réussi à mobiliser les masses soviétiques au nom de l'anticommunisme.
En même temps, l'élite bureaucratique (ce qu'on appelait la nomenklatura) était totalement discréditée par la corruption et le cynisme affichés de l'ère Brejnev. Les appels occasionnels à défendre le «socialisme» lancés par les éléments les plus conservateurs du régime Gorbatchev, comme Egor Ligatchev, n'avaient aucun écho. Les «patriotes» staliniens, organisés par exemple dans le Front uni des travailleurs (OFF), ne réussissaient à mobiliser qu'un nombre relativement réduit de militants ouvriers.
Non organisée et dépourvue de direction anticapitaliste, sans conscience de classe socialiste cohérente et conséquente, sceptique quant à la possibilité de la lutte de classe dans les pays capitalistes, la classe ouvrière soviétique ne s'est pas regroupée pour résister à la progression de la contre-révolution capitaliste. Et comme le notait Trotsky dans l'Internationale communiste après Lénine: «Si une armée se trouvant dans une situation critique capitule devant l'ennemi sans combattre, cela remplace parfaitement une "bataille décisive" aussi bien dans la politique que dans la guerre.»
http://www.icl-fi.org/francais/oldsite/URSS-122.htm
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